Hier, je déjeunais avec l’Abbé qui nous marie prochainement. Nous devions préciser quelques petits points administratifs mais surtout et avant tout passer un bon moment ensemble.

Plus jeune, je n’imaginais pas que l’ont puisse nouer de vraies relations amicales avec des prêtres. Pour moi, ils faisaient parties d’une caste de gens presque intouchables, d’un autre monde. Puis j’ai vu l’exemple donnée dans la famille de ma meilleure amie. Les Abbés y étaient reçus comme des princes, comme n’importe qui en fait. Ils étaient des membres de la famille à part entière.

J’ai voulu moi aussi suivre cet exemple, trouvant cela génial de ne pas se priver des personnalités exceptionnelles (ou non) que l’ont pouvait rencontrer rien qu’au cœur de nos paroisses. J’ai également compris que c’était la meilleure manière de leur montrer que nous faisions partie de leurs fidèles.

La messe, outre sont aspect mystique, est également un moment de rencontre. Famille, amis, voisins, c’est le lieu de retrouvailles dominicales au minimum, hebdomadaire ou quotidienne pour les plus fervents. Certains critiquerons les mondanités que l’ont voit s’opérer à la sortie de la messe, et je serais l’une des premières à vous dire que cela ne m’intéresse pas. Ce serait mentir! Non, je n’ai pas particulièrement envie de faire la bise aux trois-quarts de la paroisse, mais je suis bien heureuse de croiser mes amis sur le parvis de l’église, de prendre de leurs nouvelles.

Au final, les prêtres qui célèbrent ces messes font autant partie du groupe que n’importe lequel des fidèles. Ils sont même les premiers puisqu’ils en sont les pasteurs. On peut leur prêter une aura particulière mais ils sont également des hommes. Apprendre à les connaitre, non pas en dehors du Christ car si vous êtes animés par la foi, vous ne pouvez pas mettre le Christ en dehors de quoi que ce soit, mais en dehors du cadre strictement ecclésiastique permet d’augmenter ce sentiment d’appartenance à un groupe, un clan.

Et quoi de mieux que de connaitre personnellement celui à qui vous confiez votre âmes à ne nombreuses reprises?

(Cela vaut aussi pour les païens et athées, avoir dans ses fréquentations un prêtre ou deux ne permettra que de passer de bons moments à débattre, rassurez-vous, ils ne sont pas tous « les mêmes », ils ont leurs caractères, leurs personnalités propres, comme des hommes en fait. Surprenant!)

Un prêtre joue à la pelote basque avec un ami. Ina, 1955

J’ai profité de l’arrivé d’un nouvel Abbé dans ma paroisse il y a deux ans pour tenter l’expérience. Je n’avais pas vraiment théoriser mon idée avant de la mettre en œuvre. Je me suis contentée d’être moins craintive, plus ouverte. Comme je l’aurais fait si j’avais été une timide jeune fille désireuse de dépasser ses peurs. Cet Abbé dont je ne révélerai pas le nom, je le nommerai « l’Abbé » (oui, j’aime faire preuve d’originalité!).

L’Abbé et moi avons donc partagé une pause repas entre midi et deux heures dans un pub anglais non loin de mon bureau. Notre discussion traitait principalement du mariage à venir, des relations humaines, de nos proches, … Nous n’avions que peu remarqué cet homme déjeunant seul à la table voisine.

L’Abbé était en soutane. Il s’était sans doute fait remarqué, « un homme en robe, quelle idée? » mais rien ne laissait imaginer que quiconque lui fasse une réflexion. Je trouve d’ailleurs cela triste que les prêtres/religieux/religieuses ne portent pas d’avantage l’habit dans un cadre public. Bien sûr, les questions de laïcité pourraient être amenées sur le tapis dés cet instant, et je pourrais argumenter des heures suivant ce débat, mais ne le trouvant pas utile, je me contenterai de donner cet avis sans garniture.

Notre plat bien entamé, notre voisin de table ayant fini le sien quitta le pub en nous saluant. Nous répondîmes poliment, ravis de constater que la courtoisie existait encore.

Quelques minutes plus tard, ce fut la serveuse qui nous interpella: « Vous connaissiez l’homme qui déjeunait à côté de vous? – Non, pas du tout! – Et bien il a payé vos repas! »

Stupéfaction! Pour nous comme pour la serveuse.

Si je ne doute pas de la force séductrice de ma voix et de mon regard, j’imagine que cet inconnu à surtout voulu faire une bonne action en offrant le repas du prêtre. Un don sans retour, en toute humilité. Un instant incroyable qui m’a immédiatement fait penser à cet article d’Aleteia que j’avais lu quelques mois plus tôt:

10 façons de montrer à vos prêtres que vous les aimez.

C’est sans doute ce que cet inconnu a voulu faire. Catholique ou non, croyant ou non. J’ai reçu cela comme un encouragement, un signe d’espoir. Après tout, ce petit geste était une manière pour lui de voter Pour.

Pour la France Catholique! Pour les prêtres dans nos vies!

 

 


2 commentaires

Gardetto Jean · 02/11/2016 à 06:47

Trés bien Valerie ,c’est un plaisir de te lire , tu manie ta langue parfaitement ,et tu peux bien traduire tes sentements, continue à écrire …….

Pierre · 16/12/2016 à 20:29

Bonjour, Bravo et merci pour l’article ! Xabi

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