Antoine, François, Jacques

Voilà les trois prénoms que nous avons fait inscrire sur l’acte de naissance de notre deuxième fils.

J’avais déjà évoqué le choix de ceux de notre aîné et expliqué tout ce qu’un prénom pouvait engager dans cet article, il était temps que je vous parle des prénoms du deuxième.

ANTOINE

Saint Antoine de Padoue est un Saint très cher à mon cœur, je crois que je sais depuis très longtemps que je placerai un jour un enfant sous son patronat. Très populaire (au sens premier du terme), ce moine franciscain était un prédicateur particulièrement doué. Il a marqué de son empreinte Brive-la-Gaillarde où il se retira dans une grotte pour vivre solitairement une partie de sa vie. C’est là qu’il retrouva miraculeusement un manuscrit dérobé, épisode qui fit de lui cette réputation de retrouver les objets perdus. Dans nombre de foyers européens (croyants ou non) c’est lui qu’on invoque pour les petits malheurs du quotidien qui nous frappent lorsque l’on perd quelque chose d’important. Certains diront que c’est de la pure superstition, j’ai davantage le sentiment que cela fait de lui un Saint familier. Cette petite magie dont j’use très régulièrement me permet de garder un lien plus terre à terre avec le Bon Dieu. Nul besoin de longues litanies ou de grands rites pompeux, il suffit de s’arrêter de chercher frénétiquement et de dire « S’il vous plaît Saint Antoine aidez-moi ».

Mais bien plus loin qu’un soutien à la recherche, j’ai parlé à Saint Antoine plus personnellement à plusieurs reprise dans ma vie chrétienne. Quand j’ai perdu la foi, quand je ne voyais plus Jésus, lui était encore là, et je pouvais alors l’implorer et lui demander de m’aider à retrouver ma foi.

Avant que nous ne choisissions définitivement ce prénom, il s’est d’ailleurs passé une petite grâce. Je venais tout juste d’apprendre que je portais à nouveau la vie, nous allions fêter Pâques. Ce dimanche, il était temps de retirer les voiles qui couvrent les statues durant la semaine Sainte. Cette semaine-là est pour le Christ et sa passion, cette privation visuelle nous permet de ne pas être distraits et de nous concentrer sur les souffrances du Christ. Ce sont les hommes qui d’ordinaire s’attellent à la tâche du dévoilage, pour de sombres raisons patriarcales qui font que nous, femmes, préférons leur laisser certaines tâches pénibles.  Et ce dimanche donc, c’est mon mari qui a dévoilé Saint Antoine de Padoue. Il me dira plus tard qu’il a ressenti une profonde joie à redécouvrir le Saint portant l’Enfant Jésus entre ses bras.

Antoine donc, simplement Antoine. Mais ce choix ne serait pas pleinement justifié si je ne citais un autre personnage qui marquera probablement notre fils : Marc-Antoine. Cette fois-ci, pas un dieu païen, mais un chef de guerre romain. Une image forte et virile qui tient à cœur à mon époux.

FRANÇOIS

Saint Antoine étant disciple de Saint François d’Assise, la boucle est bouclée me direz-vous. Et bien non, quoique j’aie une tendresse particulière pour cet humble Saint, c’est sous la protection de Saint François de Sales que notre enfant est placé.

Nous avons pris cette décision lors de notre visite estivale et familiale à Thonon-les-Bains. François de Sales était un prêtre savoyard catholique sur une terre calviniste.  Il faisait imprimer ses sermons sur des feuilles qu’il placardait en ville, c’est cela qui fera de lui le Saint patron des écrivains et des journalistes. C’est en partie à lui qu’on accorde la reconversion du Chablais.

Par l’enracinement de mon mari à cette terre, par notre passion commune pour l’écriture, voilà les raisons qui nous ont fait choisir ce prénom. Nous avons, cet été-là, placé notre fils sous sa protection, mais également consacré notre entreprise littéraire à ce Saint homme.

JACQUES

Il revient à l’aîné de chaque sexe de porter en seconds prénoms ceux de ses grands-parents, mais alors que j’attendais la vie nouvelle, en août 2019, mes fils ont perdu leur grand-père. Il portait ce prénom et il avait une dévotion particulière à Saint Jacques de Compostelle, tout comme mon époux qui a maintes fois pérégriné sur ces chemins. Christophe m’a alors fait part de son désir que tous nos fils portent ce prénom, que tous nos fils puissent s’en remettre à Santiago Matamores.


Voilà donc, notre deuxième fils comme son frère avant lui, porteur de trois prénoms forts de sens, le plaçant dans la lignée de ses ancêtres. Ce tout premier choix que nous faisons officiellement pour nos enfants est le premier pas de ce que nous souhaitons leur transmettre. C’est le premier marqueur de son identité.

Et vous, quels prénoms avez-vous choisis pour vos enfants ?


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