Le colloque de l’Institut Illiade avait lieu Le samedi 7 avril à la maison de la chimie à Paris, comme tous les ans.

La première année où nous avons participé, j’étais la timide fiancée de cet auditeur de la formation Iliade. Petite catholique intimidée au milieu des gros méchants païens qui voulaient sans doute faire de moi une vierge à sacrifier. Puis j’y ai retrouvé d’autres amis, catholiques, j’y ai entendu des intervenants fascinants ou agaçants mais qui m’ont permise d’affirmer davantage mes opinions.

L’année suivante, j’étais la jeune épouse de ce même auditeur qui venait de terminer la formation et devait recevoir fièrement son diplôme.  J’étais aussi porteuse de vie, inquiète et fatiguée.

Cette année, nous n’avons pas pu assister au colloque et maintenant que je vois à quel point il a été une réussite, je le regrette un peu. Pourtant, je ne pleurerai pas cette absence bien longtemps, notre destin nous a mené ce week-end là en un lieu tout aussi intéressant :

 

BUDAPEST

 

Je ne vous mentirai pas, je n’ai pas toujours été fascinée par la Hongrie. D’ailleurs, j’ai encore du mal à placer le pays sur une carte (ai-je le droit de prendre pour excuse le fait que la plupart du temps les femmes sont bien moins douées pour se repérer dans l’espace ?). Pourtant, il y a quelques temps, ce pays a titillé ma curiosité. Sans doute du aux effets politiques de Viktor Orban et des dirigeants des pays voisins.

Tandis que la France pleure ses morts et pose des bougies au pied des lampadaires, la Hongrie construit des murs. Cela peut paraitre un peu rude, mais c’est une réaction sensée. Je ne pouvais pas éluder la question politique Je ne m’étendrai pas sur le sujet car je suis très mauvaise pour tout cela. J’ai tendance à laisser mes émotions prendre le dessus. Mais pour ceux qui souhaitent mieux comprendre ce qui se passe en Hongrie et plus largement en Europe centrale, je vous invite à écouter l’intervention de Ferenc Almassy, rédacteur en chef du Visegrad Post, lors de ce dernier colloque Iliade.

 

Jour 1

Vendredi, départ de l’aéroport de Bordeaux, Terminal Billy comme tous les vols low-cost. Nous sommes parés, sac à dos militaire contenant couches et biberon pour Christophe, écharpe kaki assortie pour moi et le petit gaulois bien emmitouflé. J’ai toujours eu l’impression que les gens qui voyageaient en avion prêtaient beaucoup d’attention au look qu’ils pouvaient avoir. La valisette cabine de marque, le look confortable mais chic, tout ça pour finir ébouriffé et quasi nus au moment de passer le contrôle de sécurité. Moi, j’ai un enfant, alors même si je prenais la peine de porter un beau manteau, il serait tâché dans l’heure par une régurgitation de mon fils. Je m’occuperai sans doute de l’esthétique un jour, quand tous mes enfants seront nés et en capacité de se moucher seuls, en attendant, j’assume les choix pratiques. D’ailleurs, je fais remarquer à mon mari la chance qu’il a d’avoir épouser une femme aussi frugale. La valise que nous enregistrons en soute est aux trois quarts dédiés à la puériculture tandis que je me contente d’un pain de savon, d’une brosse à dents et de deux tenues pour le weekend. J’ai tout de même refusé de partir sans crayons de couleurs et scotch qui me serviront à égayer ce carnet dans lequel je conserve précieusement le moindre souvenir.

Au moment de passer le contrôle de sécurité, j’ai toujours une petite angoisse, mais cette fois, tout est parfaitement organisé et les objets « dangereux » sont partis en soute. Tous ? Non, un irréductible couteau s’est caché dans la pochette de mon appareil photo. Pas n’importe lequel, MON couteau, le couteau en bois de rose fabriqué à Thiers que j’ai rapporté de mon année de service civique en Auvergne. Valeur sentimentale inestimable. Et que fait-il là ? La pochette à appareil photo était sensée aller en soute mais j’ai dû la sortir au dernier moment parce qu’elle contenait les batteries au lithium et que ça, c’est interdit en soute.

Au final, tout aussi bien organisé pouvez-vous être, il peut toujours y avoir un travers.

Finalement, le-dit couteau a rejoint les objets trouvés pour quelques frais de plus et un deuxième passage de sécurité pour mon mari.

Le temps passe vite lorsqu’on a un bébé, préparation du biberon, changement de couche et nous voilà déjà embarqués.

Pour Martial, ce sera le premier vol en avion, à 5 mois à peine, j’appréhende un peu.

Finalement tout se passe bien, les hôtesses de l’air sont sous le charme et les sensations du décollage lui plaisent. Il s’endort durant le vol et se réveille comme une fleur à l’arrivée.

Nous atterrissons sur les coups de 19 à Budapest. Chargés comme des mules, l’aventure commence.

Nous prenons les transports en commun pour nous rendre dans notre appartement. Un AirBNB choisi avec soin pour pouvoir accueillir notre bébé sans prise de tête. Nous ne sommes pas déçus, lit pour bébé, chaise-haute, jeux, autant d’objets que nous n’avons pas eu besoin de transporter mais qui nous faciliterons bien la vie. L’appartement se trouve dans un joli immeuble 1900 dans un quartier populaire, côté Pest.

Le dîner du 1er jour est frugal : une boite de conserve achetée au Tusco du coin, une sorte de cassoulet hongrois au paprika.

Jour 2

Levés avec le soleil (plus tôt qu’en France puisque plus à l’est), nous préparons les affaires pour la journée prêts à affronter les pavés de Budapest.

Dans le métro, je n’en reviens pas, mon principal point de comparaison étant Paris, tout est beau, propre et surtout, ça sent bon ! La ligne M1 que nous allons emprunter régulièrement puisqu’elle mène à notre appartement, est la ligne la deuxième ligne la plus ancienne d’Europe après celle de Londres. Un décor belle époque et un train jaune poussin qui donne la bonne humeur.

Nous allons d’abord place Vörösmarty où se déroule le marché de printemps avec quelques spécialités de street food comme le Langos : un pain frit garni de crème, d’ail et de fromage, un délice difficile à digérer. Nous visitons ensuite le grand marché couvert où les commerçants vendent des spécialités Hongroises culinaires au rez-de-chaussée, et des souvenirs typiques à l’étage. Mes yeux sont ravis de tous ces motifs brodés mais vu qu’ils sont certainement fabriqués en chine, je préfère m’abstenir d’en acheter.

Notre parcours nous invite à traverser le Danube (qui n’est pas bleu, quelle déception !) par le pont des chaînes pour rejoindre les collines de Buda. Nous déambulons au cœur du Bastion des Pêcheurs, admirons l’église Saint Mathias où François-Joseph et Sissi ont été couronnés Roi et Reine de Hongrie. Tout respire l’histoire, les tuiles colorées des toitures, les héros de la nation fièrement dressés, …

Nous déjeunons un traditionnel Goulash dans un restaurant à touristes puis continuons de marcher direction le pont Erzsebet qui accueille à ses pieds une belle statue de l’Impératrice Sissi (j’ai beau avoir 30 ans, j’ai un cœur de petite fille et les princesses me font fondre).

Après ce tour de marche bien épuisant, nous retournons à la « maison » histoire de permettre à Martial de se dégourdir un peu. L’écharpe de portage est un outil génial, nous n’étions pas encombrés par la poussette dans les escaliers ou sur les pavés et le petit profitait de la chaleur de son papa tout en faisant les siestes qu’il désirait (oui, c’est papa qui porte, parce qu’il fait 8 kilos le bougre et que j’ai fait ma part !).

Nous sortons de nouveau en fin d’après-midi, avant de prendre le métro pour aller en centre-ville, nous faisons une halte sur la place des Héros. Monument fabuleux à la gloire des Grands de Hongrie, le Soldat inconnu hongrois repose sous une stèle à cet endroit.

De nouveau en ville, dans le quartier juif, nous ne pouvons pas visiter la grande synagogue, fermée puisque nous sommes samedi, jour de Shabbat: erreur de débutant. Nous profitons malgré tout de cette belle architecture avec un soleil sur le déclin. Nous nous baladons dans le quartier afin de voir les fameux « ruin bars », guinguettes installées dans des immeubles désaffectés. Puis nous retournons place Vörösmarty où le marché de printemps nous a enchanté pour prendre un dernier Langos.

Jour 3

Départ pour la basilique Saint Etienne (du nom d’Istvan 1er, roi de Hongrie qui a converti le pays au catholicisme). Le bâtiment est sublime et la messe est en parti en latin. Idéal car les lectures en Magyar sont incompréhensibles. Cette langue n’a pas de racines latines et les seuls mots que nous réussirons à maîtriser sur la fin de ce voyage seront Bonjour, Merci et Au revoir. La chorale est enchanteresse et ce décor sublime est un support fabuleux pour une prière en itinérance.

A midi, nous rejoignons Ferenc (oui, le même qui a fait cette intervention au colloque de l’institut Iliade) pour un déjeuner sur le pouce. Il couvre les législatives en tant que journaliste et ce dimanche, jour de vote, lui promet du travail jusqu’à l’aube.

L’après-midi, nous retournons à Buda dans le but de visiter l’hôpital souterrain qui était installé là durant la seconde guerre mondiale. L’accueil est appâtant mais les visite sont interdites aux moins de 6 ans, dommage. Nous reprenons notre balade, j’ai les pieds en bouillie mais je survie. Un arrêt dans une petite pâtisserie alléchante nous permet le ravitaillement pour le gouter. Un croissant, un strudel, quelques autres mignardises que nous emportons pour les déguster à l’appartement.

Après un repos bien mérité, choix est fait de ne pas aller au restaurant, nous gardons notre petit budget pour faire quelques cadeaux de Hongrie. Nous retournons place Vörösmarty, décidément, ce marché de printemps nous enchante. Cette fois nous goutons le Paprikash (poulet au paprika) et le jambon grillé. Nous faisons quelques achats, profitons des beaux motifs brodés, et à la nuit tombée, nous marchons jusqu’au bord du Danube où les lumières de la ville rendent le panorama magique.

Jour 4

C’est le dernier jour. Nous avons le cœur lourd. Budapest nous a révélé une partie de ses secrets, nous a accueillis avec générosité, l’idée même du retour en France nous attriste, mais c’est ainsi. Avant de quitter la capitale, nous partons pour une dernière balade dans les bois de ville où un château éclectique se dresse devant une charmante étendue d’eau. Non loin, les bains Széchenyi. Nous n’avons pas profité cette fois ci des centres thermaux de Budapest, le bébé n’étant pas propre il n’aurait pas été accepté, mais nous nous promettons de revenir.

Puis un long voyage en métro et bus nous ramène à l’aéroport Liszt Ferenc.

Retour à la maison et à la réalité de notre vie quotidienne.

 

Si vous n’avez jamais visité la Hongrie et Budapest, je vous conseille cette destination. Et si vous y avez déjà été, je suis presque certaine que vous souhaitez y retourner.

Notre voyage était court et intense, mais j’espère que nous pourrons revoir Budapest et la prochaine fois, nous essaierons de nous perdre un peu dans la campagne Hongroise et d’aller profiter des bords du Lac Balaton.

En illustration de cet article, j’ai réalisé une vidéo sans prétention condensant notre voyage.

 

 

Quel beau territoire que l’Europe !


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