Jusqu’au dernier moment, nous n’étions pas sûrs de partir. Pourtant qu’est-ce qu’on en rêvait de ce voyage.  Nous avons vérifié les nouvelles tous les jours, nous n’avions même pas réservé une semaine complète, juste une nuit, dans un hôtel premier prix. Nous nous sommes dit : « par étape ».

La première, le Val d’Aoste. Nous sommes passés par la Suisse, Col du Grand-Saint-Bernard puis l’Italie. Cette région, c’est celle d’une partie de mes ancêtres : Emeric Lugon, le père de ma grand-mère maternelle. Un homme bon, droit et juste. Mes grands-parents maternels ont toujours été très généreux quand il s’agissait de parler de leur passé. Quoique certains secrets aient été gardés longtemps (et j’imagine que d’autres resteront cachés à jamais), j’ai toujours aimé ces moments où ils se disputaient pour savoir qui savaient le mieux, qui racontait le mieux. Depuis que mon grand-père m’a confié l’édition des mémoires de son enfance, la parole s’est encore davantage libérée. Avant de partir, j’ai passé une après-midi à entendre Manou parler de son enfance en Indochine, de son Papa si bon, des horreurs commises par les Japonais et les communistes. Maintenant que je suis adulte et mère, j’écoute ces témoignages avec passion, mais aussi inquiétude. Parce que ces atrocités qu’ils ont connues seront peut-être celles que connaîtront mes enfants. Bref.

J’avais envie, que dis-je, besoin d’aller voir cet homme, qui est l’une des causes de mon existence, dans sa dernière demeure.

Puis nous avons pris la route vers Parme pour une halte nocturne. Voyager avec des enfants en bas âge, c’est fatigant, je ne mentirai pas. C’est frustrant aussi, parce qu’il faut respecter leur rythme et qu’on ne peut pas tout voir. Mais ce n’est pas une raison pour se priver de voyager. Parce que c’est difficile, mais pas impossible, et ces contraintes peuvent parfois vous emmener où vous ne seriez jamais allé. Par exemple, si nous n’avions pas été forcés de faire une halte à Parme, nous n’aurions jamais découvert cette petite pizzeria de village où j’ai mangé les meilleures pizzas de toute ma vie.

Avant d’arriver à Rome, nous avons passé quelques heures à Sienne. Le temps de manger une glace et de voir la Piazza del Campo. Puis nous sommes arrivés à Frascati, à 20 km de Rome dans les collines Albini, dans un Air B’N’B réservé le jour même. Nous avons été accueillis avec soin par Alba et si vous devez un jour visiter Rome avec des enfants, je ne peux que vous recommander son hébergement.   

Je ne vais pas raconter en détail ce que nous avons visité à Rome, j’ai profité de l’instant présent au maximum, mais je suis rentrée lessivée et reprendre heure par heure nos visites m’épuisent d’avance.
En revanche, je peux vous dire que la magie de la Cité Eternelle ne m’a pas épargnée. J’ai eu la sensation d’être là où tout a commencé, là où j’ai commencé. Entre le patrimoine antique et les merveilles Catholiques, c’est comme si cette ville cristallisait tout mon être.

Évidemment, je ne vous parle pas d’histoire ou de politique, juste de sensations, de sentiments. Mais ne sont-ce pas des aspects tout aussi importants de nos existences ?


1 commentaire

Aliette · 28/08/2020 à 22:10

Merci pour ce partage. J’ai d’avoir les infos plus détaillées, plus croustillantes.

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