Depuis quelques jours, de nombreux articles ont été publiés pour décrédibiliser ce que l’on appelle les Méthodes naturelles. Il s’agit d’un ensemble de méthodes permettant aux femmes de gérer leur fertilité, d’éviter des grossesses non désirées et/ou de programmer une grossesse. Ces méthodes se basent sur l’observation du cycle. Les femmes qui les utilisent les plébiscitent car elles n’impliquent ni corps étranger dans l’utérus (stérilet) ni hormones (pilules, patchs, implant). Pourtant, ces campagnes de décrédibilisation semblent vouloir convaincre de leur inefficacité (argument faux si on se base sur les indices de Pearl de ces méthodes) et surtout, déposséder les femmes de la gestion libre de leur fertilité. Cet article ne portera pas sur le fonctionnement de ces techniques et évidemment, chaque femme est libre de choisir sa contraception ou de ne pas en utiliser.

J’ai malgré tout constaté que nombreuses sont les femmes qui ignorent le fonctionnement réel de leur corps et ne parlons pas des hommes qui voient le sexe opposé comme un animal étrange et cyclothymique.
Voilà pourquoi je souhaite aujourd’hui parler du cycle menstruel, de son fonctionnement et de ses avantages. Car il y en a. Une femme qui connait son cycle et ses aléas pourra l’apprivoiser afin d’améliorer son quotidien. De même, un homme comprenant le fonctionnement du cycle féminin sera moins déstabilisé face à ces nombreux changements hormonaux qui rythme la vie de sa conjointe, de sa mère, de sa sœur ou de sa fille.

Nous avons tous eu, au collège et au lycée, des cours de biologie sur la reproduction humaine. Pourtant, ces connaissances se sont vite évanouies et nous n’en avons gardé que le minimum. Les femmes savent qu’elles ovulent puis ont leurs menstruations 1 fois par mois. Les hommes savent que les femmes sont chiantes (plus que d’habitudes), quelques jours par mois.

Le regain d’intérêt pour le cycle menstruel m’est venu jeune adulte, à la période où les fréquentations amoureuses se font plus sérieuses. C’est ma meilleure amie qui l’a première a partagé avec moi le bénéfice de s’intéresser plus profondément à cet aspect de notre vie. Jeune fiancée, elle avait pris les devants avec son homme et établie une formation en coin de table de quelques minutes pour lui expliquer les curieux secrets biologiques des femmes. Puis la formation en coin de table s’est propagée, pas la peine d’attendre d’avoir un amoureux pour exposer ce savoir à d’autres. Si les filles ont été plus facile à convaincre puisque directement concernées, les amis garçons ont finalement accepté de nous écouter. Ils n’avaient pas besoin de connaitre les détails de nos cycles personnels, mais quelques informations génériques ont grandement désamorcé les préjugés les plus tenaces.

Avant toute chose, sachez que les informations que je m’apprête à dérouler sont des informations générales mais que chaque femme est différente. De plus, beaucoup de facteurs peuvent influencer voire dérégler un cycle : tabac, médicaments, fatigue, stress, surpoids, … Je vous invite donc, si vous êtes une femme, à passer quelques cycles à vous observer pour mieux saisir votre fonctionnement personnel et les éventuels perturbateurs auxquels vos cycles sont soumis.

Qu’on se le dise, même les hommes sont dépendants des hormones. Cependant, les hommes sont soumis à un cycle solaire tandis que les femmes sont calées sur un cycle lunaire, plus fluctuant.

Le cycle menstruel féminin commence au premier jour des règles et se termine la veille des règles suivantes.

Il dure en moyenne entre 28 et 40 jours mais peut être beaucoup plus court ou beaucoup plus long. Pour mieux généraliser, je vais prendre l’exemple d’un cycle de 28 jours.

 

Jour 1 à 5 – Hiver

Ce sont les menstruations, ou règles. Lors du cycle précédent, la muqueuse des parois de l’utérus (endomètre) se sont épaissies. En l’absence de fécondation, elle s’élimine durant cette période, d’où les pertes de sang.

La température basale est basse, ainsi que le taux d’hormones.

La femme commence un nouveau cycle, c’est un temps de repli, de calme, de ralentissement. Le moment idéal pour se reposer, se ressourcer et se préparer.

Jour 6 à 9 – Printemps

C’est la phase folliculaire.

A la fin des règles, les ovaires vont produire des hormones appelées œstrogènes. Elles vont faire mûrir l’ovocyte et permettre la création du petit nid douillet sur les parois de l’utérus, destiné à accueillir un potentiel ovule fécondé.

La température reste basse, les œstrogènes augmentent.

La femme aura un regain d’énergie, davantage envie de sortir, d’agir, de créer. C’est le moment idéal sortir de sa zone de confort, être audacieuse.

Jour 10 à 16 – Eté

C’est durant cette période que va se produire l’ovulation (dans ce cas, le jour 14). La phase folliculaire continue son œuvre. Quand l’ovocyte est prêt à sortir, il est expulsé dans la trompe de Fallope et va tranquillement se déplacer pour aller s’installer dans l’utérus.

L’œstrogène est à son point culminant, la température augmente subitement juste après l’ovulation et la progestérone entre en jeu. Cette hormone a pour but de maintenir l’endomètre assez épais un peu plus longtemps.

C’est une phase de séduction. La femme voit son désir augmenter, elle se sent rayonnante, sensuelle, et pleine d’empathie. C’est le moment pour elle de prendre soin de sa famille de ses amis, de faire de nouvelles rencontres.

C’est aussi le moment où elle est le plus fertile.

Jour 17 à 28 – Automne

C’est la phase lutéale.

Il y a 2 possibilités :

1/ l’ovule a croisé le chemin de son prince charmant spermatozoïde, dans ce cas, les ovaires vont produire une nouvelle hormone spécifique à la grossesse. Celle-ci assurera le maintien du nid douillet et permettra à bébé de grandir tranquillement dans le ventre de sa mère durant 9 mois. (Dans ce cas le cycle des saisons se met en pause et la dénomination d’automne n’est pas vraiment cohérente.)

2/ l’ovule n’a pas été fécondé.

La température, qui faisait jusque-là un plateau haut, baisse, les hormones font une chute libre. C’est là que commence le fameux syndrome prémenstruel qui aura poussé dans la bouche de nombreux hommes des « t’as tes règles ou quoi ? » très délicats.

C’est une période infertile.

La libido baisse, l’énergie également. La sensibilité de la femme est accrue. Si ça ne semble pas être la période la plus agréable, c’est en tout cas le moment idéal pour détecter les problèmes et noter des idées pour les régler.

Le cycle est terminé, un nouveau est prêt à recommencer.

La phase lutéale est une phase qui dure entre 10 et 16 jours, il est rare qu’elle fasse plus ou moins de temps et si c’est le cas, il est conseillé de consulter un professionnel de santé parce que ce pourrait être signe de dérèglement inquiétant.

Conclusion

Si vous êtes une femme, je vous encourage à observer votre cycle grâce à plusieurs paramètres. Vous pouvez par exemple prendre votre température chaque matin au réveil, à peu près à la même heure et noter son évolution. Je n’ai pas parlé non plus de l’évolution de la glaire cervicale ou du col de l’utérus mais si vous voulez aller plus loin, je vous invite à vous rapprocher d’organismes qui proposent des formations d’observation du cycle tels que la symptothermie, la méthode Billings ou Fertility Care.

J’aurais voulu vous inciter à demander à votre gynécologue de vous aider à apprendre à vous connaître, mais tous ceux que j’ai pu croiser dans ma vie n’ont jamais répondu à mes questions clôturant toujours leur discours par un « vous voulez une pilule ? ». Dommage.

Une fois que vous comprendrez mieux le fonctionnement du cycle féminin, n’en faites pas un secret ou un tabou. Sans allez dans quelques détails médico-gores, prenez le temps d’évoquer le sujet avec les hommes autour de vous (père, frère, copains, patrons … bon, peut-être pas votre patron). La plupart d’entre eux considèrent à première vue qu’il s’agit d’un « truc de bonne femme », si vous les initiez à la connaissance biologique des femmes, ils seront à même de comprendre beaucoup de comportements féminins jusque-là tout à fait irrationnels pour eux. Ils pourront même comprendre que les douleurs menstruelles n’étant pas dues à un virus ou une bactérie, des anticorps ne suffiront pas à en venir à bout (le paracétamol et l’ibuprofène si). Par contre, s’ils comprennent que c’est un moment passager durant lequel les femmes ont besoin de calme et de soutien, ils pourront adapter leur attitude et ainsi éviter bien des conflits.

L’acceptation de nos différences biologiques et la communication ne peuvent être que des atouts dans notre société contemporaine occidentale où les femmes semblent faire une guerre sans merci aux hommes.

La fertilité n’est pas une maladie dont il faudrait éliminer les symptômes à coup de médicaments. Le cycle menstruel n’est pas un malus de départ dans la vie dont les femmes auraient hérité pour être plus faibles face aux hommes. Il est une réalité. En tant que femme nous pouvons l’ignorer et passer notre vie à tenter de le faire taire, ou bien l’accepter et apprendre à vivre en harmonie avec notre corps.

 

N’hésitez pas à réagir, à partager ou à corriger mon propos.

 

 


Pour aller plus loin :

Margaux, naturopathe, parle du cycle féminin sous un autre angle très intéressant ici.

Un site pour parler du cycle naturel ici.

Des articles en réponse à cette grande campagne de décrédibilisation des méthodes naturelles:

Famille chrétienne
Les Antigones

 


1 commentaire

Fred · 08/03/2018 à 23:25

Heureux soit les gens qui rapportent un peu de vérité sur la nature des Hommes 😉

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