La cuisine est synonyme de plaisir. Que celui qui n’est pas d’accord aille manger des galettes de riz soufflé sans beurre.

La cuisine, c’est aussi la transmission familiale, je l’évoquais rapidement dans un article précédent. Pour moi, faire la cuisine en famille, c’est se transmettre un patrimoine unique et à moindre coût.

Aujourd’hui, à l’occasion d’un repas un peu particulier, je me propose de vous dévoiler l’histoire du « Pti Bo Boum ».

En effet, nous devions bien nous y conformer un jour, mon homme et moi nous marions bientôt et nos deux familles doivent donc enfin se rencontrer. Ma Maman a donc le plaisir de recevoir mon futur beau-père à déjeuner en ce samedi et pour l’occasion, nous avons choisi de lui concocter un plat typiquement Gardetto.

Les origines

Le Pti Bo Boum est né d’un fin mélange entre la cuisine populaire vietnamienne et française. Ma grand-mère maternelle, Anita, est née au Cambodge au milieu des années 1930. En ce temps, l’Indochine était française. Elle a passé une grande partie de sa vie sur ce territoire et après son mariage avec mon grand-père Jean à la Cathédrale de Saïgon, en 1956, elle a continué de faire rayonner sa culture familiale française teintée d’Indochine au cœur de sa propre famille.

D’un point de vue pratique, si vous êtes un peu bobo sur les bords, vous connaîtrez sans doute le fameux plat asiatique « Bo Bun » ou Bun Bo » selon les restaurants qui consiste en une sorte de salade de nouilles de riz ou de blé avec quelques légumes et du bœuf. En vietnamien, c’est ma Manou qui me l’a appris, « Bun » signifie « mélange » et « Bo » signifie « bœuf ». Et si je me trompe, je compte sur mon Papy pour me corriger.

Le Pti Bo Boum tire son nom d’une évolution de prononciation. Ma grand-mère prononce le vrai nom du plat à merveille mais ses enfants et ses petits enfants ont peu à peu transformé celui-ci. « Thit Bo Bun » (avec un accent viet particulier que je vous laisse imaginer) est devenu un « Pti Bo Boum » réclamé régulièrement par les petits Gardetto en culottes-courtes.

Un plat-déclaration d’amour

Oui, c’est niais, mais c’est ainsi. Transmise de mère en fille, cette recette ô pourtant simple, est devenue ce que j’appelle un plat-déclaration d’amour. En effet, depuis que je suis en âge de cuisiner, j’ai pris l’habitude de préparer le Pti Bo Boum comme un plat d’intronisation dans mon cercle affectif. Tous mes amis proches ont un jour goûté le Pti Bo Boum, mon amoureux a lui-même eu droit à son premier Pti Bo Boum à l’occasion d’un solennel repas et il y a quelques jours, c’est mon futur beau-père et son amie qui l’ont dégusté. Ce plat est tellement ancré sentimentalement en moi qu’il m’est arrivé, suite à quelques différends amicaux, de regretter d’avoir préparé un Pti Bo Boum à certaines personnes. Le Pti Bo Boum se mérite!!

Le rituel

Le rituel est toujours le même. Tout le monde met la main à la pâte et le Pti Bo Boum se prépare en famille. Bien souvent, les hommes se contentent de se servir un jaune après que les femmes leur aient répété à maintes reprises qu’il ne fallait pas éplucher les concombres ainsi et qu’il fallait couper la salade en plus petits morceaux, mais le Pti Bo Boum ne se revendique pas féministe alors il ne s’insurge pas.

Puis on installe les bols et les baguettes sur la table. En général, c’est à ce moment que les personnes extérieures à la famille grimacent et à l’instant où elles osent réclamer une fourchette, on s’exclame: « Ah non! Il faut au moins que tu essayes! »

Les bols, plus ils sont gros, mieux c’est. Les nouveaux intronisés l’ignorent encore et ne comprennent pas vraiment pourquoi les habitués s’empressent de tirer les plus gros bols à eux, mais le Pti Bo Boum est tellement bon qu’on ne peut se résigner à la charité.

Pti bon boum

Les plats passent de mains en mains, et ce sont les cacahuètes qui descendent le plus vite. Le principe est simple: un ensemble de crudités, de la viande, des spaghettis, on mélange le tout, et voilà un bon plat de famille convivial, la nouvelle cuisine populaire gauloise inspirée par l’Indochine.

Non, je ne vous révélerai pas la recette du Pti Bo Boum, parce qu’aussi simple soit-elle, elle a ses petits secrets, et les secrets de famille, ça se garde!

Le Digestif

Nous avons tous de bonnes recettes de famille qui se transmettent de mère en fille, de père en fils, et c’est là que réside le sens du partage, c’est ce genre de petits moments qu’il faut préserver.

Et chez vous, y a-t-il un plat familial emprunt de l’histoire de vos ancêtres que vous vous transmettez de générations en générations?

 


2 commentaires

Gardetto Jean · 24/08/2016 à 14:21

Manou viens de lire elle a beaucoup appréciée et fière de t’avoir  » instruite  » sur cette cuisine .Une petite rectification elle est née en 1935.

    Reine Grenouille · 24/08/2016 à 15:36

    Merci Papy d’avoir partagé ça avec Manou, mais j’ai mis qu’elle été née au milieu des années 30, je suis plutôt juste ^^

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